FileMaker a une réputation historique de facilité. À tel point que certains services informatiques s’obstinent encore à le considérer comme un jouet, indigne d’eux. Et c’est vrai que face à ses concurrents (4D, Access,…), il est pensé d’abord pour le non-informaticien.
Mais FileMaker est devenu au fil des ans (25 ans d’histoire quand même) un outil relationnel, puissant,… qu’il faut apprivoiser. C’est même plus : il faut apprendre FileMaker !
Jusqu’aux versions 5 et 6, beaucoup d’utilisateurs se lançaient seuls, sans aucune formation, juste en lisant le manuel fourni. Le résultat était le plus souvent bon pour des applications simples. Il laissait à désirer pour des sujets plus complexes, mais on arrivait à faire quelque chose quand même.
Aujourd’hui, est-ce encore possible ? La question se pose. Auparavant, la plus grosse partie de nos clients nous demandait de former quelqu’un en interne, une « personne ressource FileMaker ». Cela continue. Mais aujourd’hui, on nous demande plus de développer nous-mêmes la solution nécessaire.
En même temps, nous recevons toujours des appels de ceux et celles qui se lancent seuls et se trouvent coincés quelque part dans leur projet. Il y en a même de plus en plus qui se heurtent à la soi-disante facilité de FileMaker.
En réalité, FileMaker reste simple sur le fond. Mais il importe plus qu’avant de bien comprendre les bases, je dirai la « philosophie » de FileMaker. C’est vitale pour la réussite d’un projet. C’est d’ailleurs pour moi un des points clefs des formations que j’anime.
Peut-on se passer d’un formateur FileMaker ?
Peut-on apprendre FileMaker en auto-formation ?
Si l’on entend par là plutôt une « solo-formation », où l’on apprend entièrement seul, je ne le crois pas.
Ce n’est plus possible avec les versions et attentes actuelles.
Lorsque FileMaker 7 est arrivé, les développeurs professionnels que je connais ont commencé naturellement seuls. Puis ils se sont trouvés bloqués. Et c’est par des échanges à travers des forums, conférences,… que l’on a apprivoisé ensemble toute cette nouvelle façon de faire.
Auto-formation ne veut pas dire apprendre seul !
Cela veut dire que l’on est soi-même SON propre formateur, ce qui est différent.
Car un formateur FileMaker, comme tout formateur professionnel, ne s’est pas bâti seul, et n’a pas tout inventé dans son coin. Il utilise aussi des idées, des outils, des méthodes,… inventées par d’autres.
L’auto-formation n’est pas toujours facile, mais elle ne peut réussir qu’en utilisant la même approche.
L’auto-formation, ce n’est pas vivre dans une ile déserte.
Et vous le savez bien puisque vous êtes en train de lire ce blog
L’auto-formation, ce n’est pas le « tout ou rien ». En réalité, on a intérêt à mélanger les méthodes : participer à un forum, travailler un cahier pratique ou une fiche astuce, suivre un webinar,… tous des outils pensés par un spécialiste et complétant ce que l’on a appris par soi-même.
L’auto-formation, ce n’est pas l’invention d’un formateur incapable ou paresseux, se contentant de faire lire le manuel à ses stagiaires. C’est une façon forte d’apprendre lorsque c’est bien fait. Certes, celui qui se forme prend la responsabilité de sa formation, mais le travail du pédagogue ne s’efface pas. Il est davantage centré en amont (préparation du matériel pédagogique et des ressources adéquates), mais aussi en aval (réponses aux nombreuses questions ou blocages, forcément individuels).
L’auto-formation n’est pas un choix financier. Ce n’est pas la solution du pauvre qui ne peut pas se payer un stage. Tout d’abord, certains pays, dont en premier chef la France, proposent de nombreux financements possibles. Mais même s’il n’y en a pas, si les finances sont le seul critère, on a de grandes chances d’échouer. Et quel qu’en soit alors le tarif, cela sera toujours trop cher. Car l’aspect financier n’entre pas seul en ligne de compte : il faut aussi avoir la motivation et le temps !
Par ailleurs, l’accompagnement, le coaching, le tutorat,… ont aussi un coût. L’auto-formation ne doit pas être pensée comme une formation au rabais.
L’auto-formation n’est pas pour autant le choix du riche. Il y a aujourd’hui de plus en plus d’outils, d’espaces, de spécialistes,… pour trouver ce qui est nécessaire à son projet.
L’auto-formation, ce n’est pas non plus réservé à ceux qui ont de forts moyens technologiques. Lire ses tutoriaux en format pdf est à la portée de tous. N’importe quel navigateur permet de participer à un forum. Une simple connexion ADSL permet de partager un écran avec son coach pour creuser un sujet plus délicat.
C’est en pensant à tout cela que finalement je réponds OUI.
Oui, il est possible de mettre en place son auto-formation sur FileMaker.
Je conseille cependant d’assurer de bonnes bases dès le début.
Trouver par exemple comment s’écrit une fonction de calcul particulière est très facile : un simple clic dans l’aide intégrée suffit. Encore faut-il savoir qu’une telle fonction existe, et comprendre dans quels cas elle est utile…
Et je ne parle pas du graphe de liens, espace vital de votre base de données, si souvent mal compris, mal appliqué,..
N’hésitez pas à vous faire aider pour poser le programme de VOTRE auto-formation, en fonction de VOTRE projet. Dans certains cas, cela sera même votre investissement principal.
Puis utilisez les outils existants pour répondre à ce programme : ici un cahier pratique, là une recherche dans l’aide intégrée, ou une question sur un forum, une vidéo,… Une bonne formation est généralement multi-canal.
N’oubliez pas de pratiquer, puis pratiquer, et pratiquer encore. S’il y a des exercices, faites-les. Ils réservent parfois des surprises ou des pièges posés là intentionnellement par leur concepteur, pour vous renforcer.
C’est en forgeant que l’on devient forgeron…
N’oubliez pas : vous n’êtes pas seulement stagiaire ou apprenant.
Vous êtes directeur de formation FileMaker,… responsable de trouver les ressources nécessaires à votre stagiaire, c’est-à-dire vous-même !
Ne sous-estimez pas ce rôle clef…
En route ! Bonne auto-formation FileMaker !
Michel Lansard
PS : d’accord ? Pas d’accord ? Une expérience à partager ?
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